PENSER LA MONUMENTALITE

La pensée de l’absolu se propage toujours dans un non-espace sans temps ni limite de façon aléatoire traçant une ligne droite. Cette ligne se nomme l’Aiôn, elle est en chacun de nous et on entre tous en relation avec elle à chaque fois que l’on ressent la nécessité de s’extraire du temps du monde pour plonger dans une meditation nous menant vers la source de toute chose.

Le voyage immobile a toujours été celui qui m’a offert les emotions les plus puissantes les visions de paysages les plus extraordinaires, les orgasmes les plus bouleversants.

Comment materialiser l’espace d’ou part la pensée d’une oeuvre et ou elle atterrit?

L’esprit de l’artiste est une machine à fabriquer de l’immatériel, l’oeuvre créée ne sert que de transition pour aller d’un esprit à l’autre. L’art est un voyage qui ne cesse jamais, vivant dans le temps de l’éternité hors du temps du vivant. L’oeuvre décolle d’une pensée unique, celle de l’artiste et se démultiplie à l’infini lors de son voyage autant de fois qu’il y a d’esprits pour la recevoir. Ainsi l’art n’est rien d’autre qu'un voyage d'esprit à esprits.

Symboliquement, la piste de décollage, s’est inscrit au coeur de mon esthétique car elle incarne parfaitement ce que je ressens au sujet du processus artistique. C’est d’ailleurs la compréhension de ce processus qui a toujours été pour moi le sujet d’exploration le plus fascinant. Créer me permet d’aller toujours plus loin dans sa compréhension.
Le Land Art incarne le mouvement le plus puissant dans la conquête de l’absolu ou seul l’horizon infini délimite l’espace d’exposition. Le desert est le lieu pur par excellence, hors du temps humain, ouvert sur le ciel, dominé par le soleil, constitué de milliards de particules toujours en mouvement, on s’y sent totalement immergé dans l’immatériel.

Je rêve d’une oeuvre exclusivement constituée de points de lumières parallèles, d’une rectitude parfaite, dessinant une piste conceptuelle, destinée à entrainer l’esprit de l’homme vers une direction insoupçonnée, ou il devra lâcher prise pour décoller vers ce voyage immobile en direction du sublime. Cette piste a pour nécessité de reconnecter l’homme avec son propre espace mental afin de retrouver le lieu ou elle se situe en lui même. Nous avons tous une piste dans la tête, qu’elle soit de décollage lorsque nous envoyons pensées et emotions ou d’atterrissage lors de leurs receptions. L’oeuvre d’art est une architecture de la pensée qui tel un avion furtif atterrit dans l’esprit du spectateur. L’artiste sait parfaitement ou se situe sa propre piste, le spectateur n’a pas toujours conscience de la sienne.

Cette oeuvre résistera aux elements les plus intenses, elle se fera violenter, mais elle restera droite, debout, quoi qu’il arrive et sa lumière transpercera sans cesse le jour et la nuit.

Aucun musée, aucune galerie, ne peuvent lutter contre la beauté et la noblesse, d’un espace naturel. Il n’y a rien de plus fort qu’une oeuvre en contact avec le ciel, les nuages, le vent et tous les autres elements qui intensifient la perception sensorielle nécessaire à son ressenti le plus total. La peinture a besoin d’être traitée avec délicatesse comme une petite fille fragile. Il faut lui construire des murs, la protéger, lui créer des conditions climatiques optimales. Les musées sont des boites de conserves identiques aux Campbell soupes peintes par Warhol. Les architectes peuvent continuer à imaginer les lieux les plus sophistiqués pour des mécènes de plus en plus riches, ils ne font que fabriquer des boites de conserves de luxe pour des oeuvres fragiles comme des petites bourgeoises sur le point de s’enrhumer.

Artistes et spectateurs ressentent aujourd’hui ce besoin d’absolu, ils ne se reconnaissent plus dans ces lieux extravagants, ces machines bien huilées qui profitent à quelques détenteurs jouant au monopoly dont nous sommes tous devenus les pions. Nous ne sommes pas des pions, nous sommes de êtres en puissance capable de nous transcender à chaque instant car nous avons un besoin vital de nous projeter dans l’infini.


Stephan Breuer

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L'ART DE L'IMPOSSIBLE

Le lion d'or de la Biennale de Venise attribué à Tino Sehgal marque un tournant dans le monde de l'art contemporain. Sehgal est un artiste de l'immatériel qui invente une façon totalement nouvelle d'appréhender l'oeuvre d'art, sa reconnaissance est hautement symbolique. 
Les monochromes d'Yves Klein, les impressionnistes, ont eux aussi révolutionné leur époque par à une vision radicale, et tous, comme Sehgal ont un point commun: l'impossible. Celui de Jacques Lacan qui l'envisageait ainsi "Le Réel, c'est l'impossible, tout simplement". 
La France devrait aujourd'hui s'en inspirer plus que jamais et renouer avec l'esprit pionnier qui l'a mit au centre du monde. Elle doit retrouver sa force et son courage sans jamais craindre l'inconnu. Sa puissance réside justement dans sa capacité à créer de la valeur immatérielle. Cela va bien au-delà de l'art, c'est vrai dans tous les domaines.

Ce n'est qu'avec cette énergie qu'elle s'ancrera plus fort dans le Réel.
Pour l’atteindre, ce Réel, il faut tendre sans cesse vers l'impossible. Seule une quête permanente de liberté peut nous permettre d’élever la réalité par le seul chemin qui s’offre à nous, celui de l'impossible, c'est le seul moyen que nous avons de pénétrer le réel.

Lorsque l'on entre enfin dans le monde réel, l'esprit, on découvre un espace infini en mutation permanente fait de hasards et de probabilités sublimes, d'intuitions, de potentiels extraordinaires et d'amours idéalisées.

C'est par une attention absolue et sans mélange que nous arrivons dans ce lieu pur se situant au delà de toute contrainte matérielle, là où tout devient potentiellement possible. C’est un monde sans limite, sans accroche, où le sol se dérobe sous nos pieds pour nous laisser dans un état de pure lévitation. Il nous faut appréhender cet espace inconscient avec lenteur et accepter de s'y perdre un instant.

Peu à peu nos sensations se structurent, et même si l'on ne reste dans cet espace que peu de temps en retournant se réfugier dans la réalité solide, on y est comme irrésistiblement attiré et l'on y retourne, car ce monde c'est le nôtre, c'est le seul qui nous appartienne vraiment, c'est le potentiel ultime de notre être. 

La réalité, elle, n'est que l'expression limitée du possible créée par d'autres, et la seule façon de ne pas la subir est de s'en extraire au plus vite et de foncer vers l'impossible.
C'est un voyage entre deux mondes auquel on s'habitue et la confusion du départ laisse place à de nouveaux sentiments. Les peurs s'évanouissent et se transforment en forces, et ces dernières ne se nourrissent que des limites que l'on parvient à repousser. Dans le réel, qu'une morale, celle de vaincre tous les obstacles qui nous empêchent de nous dépasser. 

Tout est esprit.

Une fois l’esprit aiguisé telle une lame qui fend l'espace à la vitesse de la lumière, la pensée peut enfin voyager à la vitesse du désir et l'on devient pure énergie au service de sa propre vision. On atteint la quintessence de ce que l'on souhaite accomplir et cela nous donne la force nécessaire d'affronter la réalité pour réussir à la mettre en mouvement. C'est en atteignant les cimes du monde réel que l'on peut influencer les profondeurs de la réalité. Ce qui semblait impossible hier n'est plus qu'un lointain souvenir et bien que la réalité soit toujours plus lente à réagir, l'impossible doit être accompli, il s'agit d'une nécessité fondamentale. 

Toutefois cette remise en cause de la réalité nécessite une énergie si phénoménale qu'il est aisé une fois sa mission accomplie de s'installer dans un confort de circonstance, de s'alourdir et de se figer au milieu de sa propre réalité. Le temps redevient lent et écrasant. On perçoit soudain la réalité comme figée dans un présent permanent, solide et sans horizon. 

Il faut immédiatement se libérer de ce que l'on a créé pour ne pas mourir avec, il faut retrouver son absolu, sa fulgurance, sa légèreté initiale, cet état où le temps n'existe plus, où l'on reste en éveil permanent, car une fois que le réel est transférer dans la réalité il ne nous appartient plus.
Chacun se l'approprie, l'interprète avec plus ou moins de justesse et cela nourrit un monde qui n'est pas le nôtre.

Il faut se ré-envoler au plus vite vers notre espace mental pour en repousser une fois de plus l'horizon, un espace où il n'y a ni dieu ni maître, celui du Réel, le monde de l'impossible.

L’art n'est jamais aussi puissant sans cette conquête permanente de l'impossible.


Stephan Breuer

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POLITIQUE, L'ART DE L'IMMATERIEL

Lorsque Yves Klein saute dans le vide, dans un vol qui semble durer une éternité, il fait une exploration fulgurante des valeurs immatérielles de notre environnement pour mieux les saisir et ainsi en imprégner son art. Cet envol vers l'inconnu est semblable à celui d'un pays qui, à chaque grand élan démocratique, se lance corps et âme dans un voyage immatériel et politique de cinq ans.

De toute évidence, la puissance extraordinaire que partagent les grands artistes et les grands politiques réside dans cette capacité à structurer le réel par le plus pur pouvoir de l'esprit sur la matière. C'est en captant des concepts, des valeurs, des symboles, des couleurs, qu'ils parviennent en les synthétisant à influencer la réalité, à en modifier la perception individuelle et collective. Cela nécessite d'ailleurs une hauteur de vue si paradoxale que Camus disait de l'œuvre d'art qu'elle naît du renoncement de l'intelligence à raisonner le concret.

Dans ce monde ou la dématérialisation semble ne plus avoir de limites ni de frontière, la culture, l'argent, les rapports humains, l'architecture s'adaptent et se modifient à une vitesse hypersonique. Les artistes toujours précurseurs ont saisi ces changements bien avant les autres en repoussant depuis les années 60 les nouveaux horizons de l'art à travers la maîtrise de la lumière et de la sensorialité tel que Dan Flavin ou James Turrell et ont ouvert de nouvelles portes inaccessibles jusqu'alors.

Il est temps pour l'homme politique de réadapter son art à ce nouveau monde en se démultipliant au sein de ces nouvelles architectures invisibles structurées par les réseaux sociaux qui sont habitées par toute la jeunesse du monde contemporain et une grande partie de nos concitoyens. Ces nouveaux espaces offrent une chance unique dans l'histoire de l'humanité pour nous permettre d'être substantiellement plus actifs sur notre environnement mais surtout d'offrir au politique une chance d'être plus que jamais à l'écoute et en lien direct avec les émotions de chacun. L'abolition des barrières, des distances, des classes sociales n'est aujourd'hui plus une chimère ou une utopie, elle se vit concrètement au quotidien dans ces nouveaux espaces qui créent enfin l'opportunité de promouvoir nos idées.

Ainsi, dans un futur proche, le politique visionnaire maîtrisera parfaitement ces nouveaux territoires, associera au discours le pouvoir de l'image tel un artiste nous permettant de visualiser notre destin en nous projetant dans une nouvelle réalité. Nous devrions être en permanence incités à participer à des appels à projets sur l'évolution de notre société. Notre jeunesse que l'on accuse trop souvent à tort d'être apathique alors qu'elle a de tous temps été aux avants-postes du changement en politique doit être stimulée sans cesse et appelés à une participation citoyenne plus intense et en être récompensé, ce que permettent désormais ces architectures de la communication, sorte de grande "agora virtuelle". Joseph Beuys à travers Fluxus considérait que nous sommes tous des artistes, mais nous sommes aussi des êtres politiques et des citoyens et c'est en associant puissamment l'homme, l'art et la vie jusque dans ses engagements les plus profonds que nous pourrons vivre ensemble au sein d'une sculpture sociale qui a du sens.

Le point de fuite qui réunit l'artiste et le politique se situe précisément dans cette quête de sens, de cohérence, là ou l'on cherche à relier le réel à l'idéal, pour réussir à aller vers ce lieu pur décrit par Simone Weil ou les contraires sont un. Ainsi, l'art de la politique c'est finalement l'art d'unir ce qui est différent, c'est rassembler des gens qui n'ont à priori aucun point commun autour de quelque chose de plus fort pour qu'ils se dépassent.

Aristote a écrit à la fois Poétique et Politique. C'est bien que les deux sont liés. Le politique veut le soutien de l'artiste. L'artiste ne se sent jamais aussi puissant que lorsqu'il est engagé. Le seul poème mythifié d'Eluard est sa vibrante dénonciation du nazisme dans Liberté, j'écris ton nom. Et à contrario, les nombreux détracteurs de Céline continuent de penser que les choix politiques de l'auteur condamnent son oeuvre. L'art est puissamment politique et la politique est un art mais il doit redevenir l'art des possibles et non celui des compromis.

Si Marcel Proust n'a dans Le temps retrouvé jamais vraiment choisi entre une définition de l'art qui serait "l'invention d'un nouveau monde" ou "l'imitation de celui déjà existant" prenons la liberté d'en faire la synthèse : la politique est un art du réel car elle est l'expression de l'ensemble des phénomènes qui touchent concrètement la société mais elle est aussi et surtout la création d'un nouveau monde par le médium de la perception. Certes, depuis la chute du mur de Berlin et la fin des idéologies qui ont causé tant de carnages au cours du siècle dernier, le citoyen a pourtant bien du mal a envisager que le politique puisse "changer le monde".

Or, sur notre planète qui vole à cent huit mille kilomètres/seconde à travers l'espace et le temps autour du soleil, l'humanité cherche depuis toujours une façon de laisser des traces éternelles de son bref passage. Le politique, l'artiste et le citoyen doivent se réunir autour de cette seule question car si selon Kant le principe de finalité n'est pas constitutif mais régulateur c'est bien cette seule réflexion essentielle sur l'éternité qui devrait être au coeur des choix de cette même trinité...


Stephan Breuer

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CLOUD THEORY                       

A text dating back to the second half of the 14th century named the Cloud of Unknowing by an anonymous Christian mystic writer states that we will only understand the concept of God by surrendering to this idea: we will never ever know God and cannot even begin to understand what God is, even slightly. This impossibility we must face and accept in full humility, and only by doing this will we start to get closer to the concept of God.

Believing is part of our brain mechanism, it is inscribed in our beings and works as a physiological need. If we stop believing we just die. Believing is like drawing perspectives.

French philosopher Gilles Deleuze said that you can’t create a concept without a necessity. But when Thomas Metzinger says that the brain within its own process isn’t able to even understand itself as it is enveloped in “a special form of darkness” it raises the question of how and why we conceptualized this idea of God.
Our mind floating in its own darkness as Nietzsche described is a ruling aristocracy; a consciousness of a higher order. This architecture of perception in perpetual movement is created as a receiver and a transmitter. Therefore in order to catch and send special waves of informations and sensations, it is of extreme necessity to refine it as much as possible because our brain is so subtle and powerful that it must be trained constantly.
Our space was created from a contraction, a retirement, and by doing this, the most humble act of creation was made. We live in a world with no God, it is an idea, or an ideal, and only faith is able to bring us closer to this idea as there are no other true idea.
Having faith in something that doesn’t exist is the hardest intellectual experience you can ever go through; it is the essence of art.
In my opinion, what we call God also has faith in us, and if we are made to his image, as it is said, then we are also an idea; essentially an idea generated by another idea.
The material world is just a visual expression of vibration and energy. Beyond the visible surface lies a world of sublime possibilities, a world that is constantly in movement, a world that contains all of the potentiality. But I have a question: how can we access this world?
Dr. Christian Hellwig of the Max Planck Institute for Biophysical Chemistry in Göttingen says something interesting: “Our thoughts, our will, our consciousness and our feelings show properties that could be referred to as spiritual properties…No direct interaction with the known fundamental forces of natural science, such as gravitation, electromagnetic forces, etc. can be detected in the spiritual. On the other hand, however, these spiritual properties correspond exactly to the characteristics that distinguish the extremely puzzling and wondrous phenomena in the quantum world.” Of a similar opinion, Quantum physicist David Bohm, a student and friend of Albert Einstein, stated, “The results of modern natural sciences only make sense if we assume an inner, uniform, transcendent reality that is based on all external data and facts. The very depth of human consciousness is one of them.”
Scientists today are obliged to admit that the universe is “immaterial-mental and spiritual”. The universe is a “mental” construction. Pioneering physicist Sir James Jeans wrote: “The stream of knowledge is heading toward a non-mechanical reality; the universe begins to look more like a great thought than like a great machine. Mind no longer appears to be an accidental intruder into the realm of matter, we ought rather hail it as the creator and governor of the realm of matter. Get over it, and accept the inarguable conclusion.”
If we are able to influence matter with our thoughts as it has been proven, keep this idea in mind and the next time you see a cloud, observe it closely, look at it flying above you like an idea flying in your mind, and try to change its shape with your own thought.
I tried, it worked.

Stephan Breuer 

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« Futur Absolu » Stephan Breuer
Mars 2013, palais impérial de Compiègne


Stephan Breuer, plasticien, a découvert le lieu à l’occasion d’une visite de nuit dans le palais impérial de Compiègne.

Son œuvre originale, conçue pour la salle des Gardes, au premier étage, y a trouvé tout son sens. C’est dans cette salle que le palais, construit par l’architecte Gabriel, au XVIIIe siècle, à la demande de Louis XV, accueillait ses invités de marque.

La proposition de Stephan Breuer a constitué une lecture originale du lieu : très lumineuse dans la journée, la salle devenait ensuite de plus en plus sombre permettant à la création de Stephan Breuer (un prisme de lumière mobile accompagné d’une œuvre musicale originale) d’être mieux mis en valeur.
Dans un château, la présence de l’art contemporain doit se soumettre au lieu. C’est lui qui s’impose… mais l’intervention plastique doit le sublimer.

Les contraintes sont nombreuses car aucun élément ne doit être changé (aucun trou, par exemple, ne peut-être fait dans les murs)  et pourtant le lieu doit pouvoir apparaître de façon différente. La création contemporaine doit en permettre une nouvelle lecture sans que le cadre - très XVIIIe siècle en l’occurence - ne soit en rien modifié.

L’œuvre naissait tous les matins avec l’ouverture du musée et s’endormait à la fermeture. La maintenance, très  simple, n’en  donnait pas moins un rythme à la journée, comme les matines dans certains lieux de culte ou le lever du jour dans d’autres lieux, éventuellement accompagné de quelques notes de musique. 

Nous vivons au XXIe siècle. Les artistes sont là… et leur intervention, même accompagnée de diverses contraintes, nous offre une nouvelle lecture de différents lieux ou espaces. Ainsi que l’a écrit le regretté Bernard Maris : «  Les créateurs sont toujours en avance  sur leur temps. Dégagée des contraintes et des normes, leur création ouvre un champ de possibles… »

Bien sûr, il y a des résistances. Faire autrement demande, par exemple, au personnel de bouleverser ses habitudes. Mais chacun se félicite de l’ouverture à d’autres publics que permet la  création.  

Le public de l’art contemporain est passionné: il est capable de faire des kilomètres en voiture, en train ou en avion pour admirer une oeuvre, pour être ému, pour comprendre autrement. C’est exactement ce qui s’est passé au palais impérial de Compiègne.

Le public amateur d’art contemporain  est venu pour découvrir cette oeuvre tandis que le public amateur de palais et de chateaux s’est étonné de sa présence avant de l’accepter et la plupart du temps de l’apprécier. L’imaginaire - soudainement – a pris le pas sur la connaissance, invitant à la méditation ou au rêve… 

L’œuvre réalisée au palais impérial de Compiegne était – il faut le souligner - à la fois en harmonie et en contraste avec le lieu. A certains égards, elle s’opposait à lui, tandis qu’à d’autres, elle dialoguait avec lui.

Le travail de Stephan Breuer fait appel à de nombreuses technologies sophistiquées, expérimentées en architecture et en urbanisme. Mises au service d’une création, elles transforment un lieu, un espace ou un environnement avec précision et exactitude,  sans en détruire l’harmonie ou l’équilibre.  
 
A noter, par ailleurs, que le site internet visité de façon normale pendant l’année l’a été par des milliers de personnes supplémentaires pendant un mois.


Brigitte Hedel Samson
Conservatrice du Musée Nationale du Palais Imperial de Compiègne


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IN CONVERSATION WITH STEPHAN BREUER  / LE PARADOX 

STEPHAN BREUER’S ARTISTIC APPROACH IS RATHER GROUNDBREAKING. HE REJECTS THE RULES AS WELL AS THE DYNAMICS OF THE MARKET. HE’S CONSTANTLY PROJECTING HIMSELF IN THE FUTURE AND WORKING WITH DIFFERENT DIGITAL MEDIUMS, AND YET HE FINDS INSPIRATION IN THE PAST AND IN THE CLASSICS, WHETHER IS ART, CULTURE OR ARCHITECTURE. BUT TIME IS NOT REALLY RELEVANT FOR BREUER: HE FOLLOWS THE FLOW, WHILE DRIFTING THROUGH AN ORGANIZED CHAOS OF IDEAS AND STIMULI THAT HE COMBINES IN TRANS-MEDIA PROJECTS AND DIRECTS LIKE A CONCERTMASTER. THIS OXYMORONIC PERSONALITY, WHO SWAPPED PAINTBRUSHES FOR ELECTRONIC DEVICES AND MADE OF THE “IMMATERIAL” HIS OWN CANVAS, HAS BEEN EXPRESSING A NEW WAY OF MAKING AND UNDERSTANDING ART THROUGH A SELECTED SERIES OF POWERFUL ARTWORKS AND INTERVENTIONS. RADICAL TO THE ROOT, HE HAS CHOSEN TO BE BASED AND WORK IN PARIS, AND FIGHT AGAINST THE CONSERVATISM AS WELL AS FRANCE’S SWEET STEADINESS.

- - YOUR SCULPTURAL WORKS ARE MAINLY SITE SPECIFIC. HOW DO THE SETTING, ITS ARCHITECTURAL FEATURES AND HISTORICAL CONNOTATIONS INFLUENCE THE MAKING OF AN ART PIECE?

I NEED TO BE OVERTAKEN AND OVERWHELMED BY AN IDEA AND BY A SPECIFIC SPACE. THE POWER OF THE VOID BRINGS OUT SOMETHING VERY SAVAGE. EACH WORK IS A MENTAL EXPERIENCE THAT AIMS TO PUSH THE BOUNDARIES OF REALITY;
I’M ALWAYS IN THE MIDDLE OF A COMPLEX EQUATION WITH MULTIPLE INITIAL UNKNOWN FACTORS THAT ARE SEEMINGLY IMPOSSIBLE TO SOLVE AND TO COMBINE. THIS IS WHY ARCHITECTURE IS VERY IMPORTANT TO ME AS IT HELPS ME TO GO THROUGH THIS PROCESS, IT GIVES ME STRUCTURE AND POWER.

BUT MY RELATIONSHIP WITH MONUMENTS GOES WAY BEYOND THAT; IT IS A SORT OF TELEPATHY AND IT IS HARD TO EXPLAIN WITH WORDS.


- - WHAT ARE YOUR MAIN ARTISTIC TOOLS?

I HAVE BEEN WORKING ON BIG SCALE PROJECTS BUT I CHOSE TO LIMIT MYSELF TO THE MOST MINIMAL TOOLS, A COMPUTER, A PHONE, A PRINTER AND I ONLY USE KEYNOTE FOR MY INITIAL DIAGRAMS.

I WISH TO STRUCTURE THE IMMATERIAL AND THERE ARE NO PHYSICAL TOOLS FOR THAT, NOTHING WORKS BETTER THAN YOUR OWN MIND AND YOUR SOUL.

- - AS A FRENCH ARTIST, WHAT DOES IT MEAN TO BE BASED AND WORKING IN PARIS?

THERE’S A CERTAIN DUALITY IN THIS. I LOVE THE CITY MORE THAN ANYTHING, ITS TIMELESSNESS, ITS ROYAL AND IMPERIAL HISTORY, AND ITS MYSTERIES… THERE IS A SENSE OF PERSPECTIVE AND HARMONY HERE LIKE NOWHERE ELSE AND A DIALOGUE THAT SEAMLESSLY GOES FROM ANCIENT EGYPT TILL TODAY GIVING A SENSE OF ETERNITY. YET THERE IS A LOT OF INERTIA AND THE ART SCENE IS A BIT STEADY. THERE IS A BIG LACK OF RISK TAKING, IT’S LIKE A LITTLE DOLLHOUSE, PEOPLE ARE QUITE CONVENTIONAL, EVERYTHING IS BEAUTIFUL BUT AFTER A WHILE IT CAN BECOME SLIGHTLY TOO FAMILIAR AND REPETITIVE, THIS IS WHY I FEEL THE NEED TO PUT EVERYTHING IN MOVEMENT AND BRING OUT SOMETHING AS PRIMAL AS RAGE!

THE COUNTRY NEEDS TO WAKE UP AND MAKE A LEAP TOWARDS THE NEW CENTURY, IT’S THE MIDDLE AGE OF TECHNOLOGY HERE. WE NEED A NEW RENAISSANCE.

AS YOU SEE, WORKING IN FRANCE IS A CHALLENGE ON ITS OWN.

THE SIZE OF THE CITY IS PERFECT THOUGH, I WALK ALMOST EVERYWHERE. IT IS A CITY THAT BREATHES, THE SKYLINE IS OPEN, AND THE STREETS ARE PUNCTUATED WITH SUBLIME MONUMENTS, LE MUSÉE DU LOUVRE, LE GRAND PALAIS, LA PLACE DE LA CONCORDE ETC. I LOVE THE SENSE OF HISTORY AND TO OBSERVE EACH DETAILS. WE ARE USED TO SAY THAT PARIS DOESN’T CHANGE AND THAT’S KIND OF TRUE BUT THE ENVIRONMENT IS SO RICH THAT EVEN IF IT DOESN’T CHANGE IT HAS AN IMPACT ON YOU EVERYDAY AS YOU ALWAYS SEE OR LEARN SOMETHING NEW ABOUT IT.

THEREFORE IT IS A HUGE INSPIRATION AND THE RHYTHM IS NEITHER TOO SLOW OR TOO FAST, IT IS JUST THE PERFECT PACE TO DAYDREAM WHILE BEING IN MOTION FROM ONE STATE OF MIND TO THE OTHER.

- - ONE OF THE MAIN PROBLEMS OF CONTEMPORARY CONCEPTUAL ART IS THAT IT IS OFTEN DISCONNECTED FROM THE COMMUNITY WHO IS SUPPOSED TO EXPERIENCE IT, AND IT ONLY SPEAKS TO THE ART-WORLD ELITES. DO YOU DEAL WITH SOCIAL AND POLITICAL ISSUES IN YOUR WORKS? IF YES HOW DO YOU REFER TO THE “BIG PUBLIC”?

WORKING WITHIN A PUBLIC SPACE DOESN’T MEAN THAT I WORK TOWARDS THE BIG, SMALL OR ELITE PUBLIC. I AIM TO DELIVER A UNIVERSAL MESSAGE BUT I SEE THE PUBLIC AS AN ENSEMBLE OF SINGULARITIES WITH THEIR OWN SENSE OF AESTHETIC AND IDEA OF THE SUBLIME. OF COURSE I WISH TO CONNECT AND I BELIEVE THAT EVERYTHING THAT LEADS TO THE REALIZATION OF THE WORK WILL TRANSCEND IN IT’S PHYSICAL EXPERIENCE BUT AT THE SAME TIME MY VIEW IS QUITE PARADOXICAL:

I LOVE THE IDEA OF AN ARTWORK FLOATING IN AN EMPTY SPACE, EVEN UNSEEN.
LET’S PUT THIS WAY: I LOVE PEOPLE BUT I DON’T LIKE CROWDS.

- - AMONG YOUR STUDIES YOU MENTIONED ACTING. DID YOUR PASSION FOR CINEMA AND YOUR BACKGROUND INSPIRED THE PROJECT “ONE MINUTE IN ART” (OMIA)?
I USED TO BE PASSIONATE WITH CINEMA BUT NOT ANYMORE AND I STOPPED GOING TO THE MOVIES. I WAS IN SEARCH OF A NEW WAY TO EXPERIENCE VIDEO ART AND ITS LINKS WITH CINEMA WERE OBVIOUS. MOSTLY I WANTED TO BRING A NEW AESTHETIC TO DISRUPT THE CINEMA SPACE AND THE POPCORN LETHARGY.

I STARTED WORKING WITH THE ICONIC CINEMA LA PAGODE AND THEN THE PROJECT HAS BEEN EXTENDED TO MANY OTHER INDEPENDENT CINEMAS OVER PARIS. WE SCREEN A ONE-MINUTE LENGTH ART VIDEO BEFORE EACH MOVIE RIGHT AT THE END OF THE ADVERTISINGS.

WITH OMIA THE AUDIENCE GOES LIKE BUT WHAT AM I LOOKING AT! MY TWO PARTNERS AND CO-FOUNDERS CHARLES DE MEAUX AND LEA MARCHETTI AND I HAD A BLAST LISTENING TO PEOPLE’S REACTIONS, IT MAY BE THE MOST HUMOROUS ASPECT OF THE PROJECT. ALSO IT WAS GREAT TO BEING ABLE TO SHOW THE WORK OF THE ARTISTS WE SELECTED AND ADMIRE IN ANOTHER CONTEXT, FAR FROM THE USUAL SPACES SUCH AS GALLERIES AND MUSEUMS.

VIDEO ART IS AN IMPORTANT MEDIUM THAT HASN’T YET BEEN FULLY UNDERSTOOD OR THEORIZED YET, AND IT IS NOT EASY TO COLLECT. I SEE IT AS A NEW FORM OF PAINTING AND I HOPE IT WILL BE SEEN LIKE THAT IN THE FUTURE AND CERTAINLY THE EVOLUTION OF TECHNOLOGY, PAPER SCREENS ETC. WILL CHANGE ITS PERCEPTION. IT IS THE MEDIUM OF THE FUTURE;

WE WON’T BE BRINGING A RICHARD SERRA TO MARS… BUT PROBABLY MORE SOME WEIGHTLESS VIDEO ART…


- - TECHNOLOGY AND HISTORY ARE ALWAYS PRESENT THROUGHOUT YOUR ENTIRE ARTISTIC PRODUCTION. WHAT IS YOUR RELATIONSHIP WITH TRADITION AND INNOVATION?

TRADITIONS USED TO BE INNOVATIVE AND WHAT IS CLASSIC TODAY WAS AVANT-GARDE YESTERDAY. IT’S ALL A MATTER OF TIME. I AM NOT DRIVEN TO TECHNOLOGY FOR THE SAKE OF INNOVATION. I DON’T BELIEVE IN THE PROGRESS MYTHOLOGY. I AM TRYING TO TALK ABOUT OUR CONTEMPORARY WORLD BUT WITH A SENSE OF ETERNITY.

IT ALL DEPENDS ON WHERE YOU POSITION YOURSELF IN TIME AND FROM WHICH PERSPECTIVE YOU LOOK AT REALITY. I LOOK AT THE WORLD FROM TODAY’S POINT OF VIEW AND PROJECT MYSELF IN THE FUTURE AS MUCH AS I DO LOOK BACK AT IT FROM A PAST PERSPECTIVE.

I AM IN CONSTANT MOTION BETWEEN THESE TWO POINTS OF VIEWS, TIME TRAVELLING BACK AND FORTH WHILE LOOKING FOR A SENSE OF UNITY FROM BOTH POINTS IN TIME.


- - TIME AND THE ABSENCE OF IT, MOVEMENT AND STILLNESS, CHAOS AND RIGOR… HOW DO YOU INVESTIGATE THOSE CONTRASTS THROUGH ART?

I HAVE A VERY STRONG RELATIONSHIP TO CHAOS AND TO RIGOR AS WELL BUT I DON’T FEEL TIME. THEY ARE EXTREMELY IMPORTANT IN MY PROCESS AND I AM NOT AFRAID TO FACE NEITHER ONE NOR THE OTHER. THE UNIVERSE IS A CHAOTIC SYSTEM WITH INCREASING ENTROPY…

I LOOK FOR EQUILIBRIUM BETWEEN ULTIMATE CONTROL AND LETTING EVERYTHING GO. I’M ABLE TO GO THROUGH CHAOS WHILE KEEPING A VERY RIGOROUS APPROACH. FALLING IN LOVE IS WHEN I REALLY START TO LOOSE IT TOTALLY…

APART FROM THAT I AM FEARLESS AND I FEEL I CAN GO THROUGH ALL KINDS OF HELL. I’VE LEARNED TO BE IN CONTROL EVEN IN THE WORST MOMENTS, KEEPING MY MIND CLEAR AND FOCUSED. THE KEY IS TO STAY EXTREMELY LIGHT.


- - IN THE ERA OF MECHANICAL REPRODUCTION, SOCIAL NETWORKS AND VIRTUAL REALITY, IS ART STILL ABLE TO VEHICLE THE SUBLIME?

IT’S A FUNNY QUESTION AS I CONSTANTLY ASK MYSELF IF ENLIGHTENMENT IS POSSIBLE ONLINE. I COLLECT THOUSANDS OF IMAGES, TEXTS, VIDEOS ETC. AND PUBLISH SOME OF THEM. I PLAY A LOT ON THE NETWORKS BY CONFRONTING IMAGES, SENTENCES, SPECIFIC PAPERS ETC. JUST LIKE A DJ DOES WITH MUSIC. AND EVEN THOUGH I PARTICIPATE WITH MY OWN SENSE OF AESTHETIC AND NECESSITY TO EXPRESS BEAUTY, I AM MORE AN OBSERVER OF THE DYNAMICS OF THIS TERRITORY.

THE SUBLIME CAN BE INTENSIFIED AND FED FROM ANY SORTS OF EXTERNAL STIMULI AND USE ALL KIND OF VEHICLES BUT IN THE END IT IS TO BE FOUND WITHIN EACH OF US.

- - YOUR ARTISTIC APPROACH SOMEHOW PUTS YOU OUTSIDE THE COMMERCIAL DYNAMICS OF THE ART-WORLD, HOW DO YOU DEAL WITH THE ART MARKET WITHOUT COMPROMISING YOUR ETHOS AND VALUES?
THE ART MARKET IS ABSURD; IT IS NONE OF MY CONCERN AND SHOULDN’T BE OF ANY ARTIST’S CONCERNS. WHEN I LOOK AT AN ARTWORK I NEVER EVER THINK OR ASK HOW MUCH IT COSTS… THIS IS SUCH A STUPID WAY TO ENTER IN A RELATIONSHIP WITH ART AND I CAN’T STAND THE NEW INDEX OF AUCTION RESULTS! I DON’T GIVE A DAMN. SOME ARTISTS THAT I THINK ARE MAJOR HAVE SUCH A RIDICULOUS FINANCIAL VALUE THAT IT JUST LOOSES MY INTEREST FOR THIS DIMENSION OF REALITY. I BELIEVE THOUGH THAT TIME PUTS EVERYONE IN HIS RIGHT PLACE.

WHEN YOU WALK THROUGH THE LOUVRE, WHEN YOU LOOK AT MICHELANGELO’S SISTINE CHAPEL OR WHEN YOU LISTEN TO THE MOZART REQUIEM YOU DON’T ASK YOURSELF HOW MUCH IT’S WORTH… THIS QUESTION MAY BE RELEVANT WHEN YOU GO TO A FASHION STORE AND YOU LOOK AT THE TAG BUT NOT WITH ART, OR MAYBE THE ART WORLD IS KIND OF TURNING INTO A FASHION STORE NOW.

IN ANY CASE I THINK THAT THE ROLE OF THE ARTIST IS TO CHALLENGE EACH GENERATION IN THE UNDERSTANDING OF THE WORK WHILE MAKING THE COLLECTING ACT HARDER. THEREFORE IT HAS TO BE INCOMPATIBLE WITH THE MARKET OF ITS TIME (I HOPE MY MOTHER WON’T READ THIS).

ANOTHER PARADOX IS WHEN PEOPLE LOOK AT A WORK OF ART THEY WANT AN IMMEDIATE SATISFACTION AND THEY CAN’T DEAL WITH THE INITIAL SENSE OF REVULSION THAT A NEW AESTHETIC MIGHT BRING, ALTHOUGH THIS IS WHERE IT MIGHT ACTUALLY HAVE SOMETHING NEW TO SAY.

I ALSO THINK THAT THE PERCEPTION AND IDEA OF MONEY AS IT IS CONCEPTUALIZED TODAY WILL DISAPPEAR.


- - DO YOU FEEL CONNECTED TO ANY ARTISTIC MOVEMENT IN THE HISTORY OF CONTEMPORARY ART? IF YES WHICH ONE AND WHY?

OF COURSE VERY MUCH. ALL OF THEM BUT MAINLY AMERICAN, CONCEPTUAL, MINIMAL AND LAND ART. WE COULD SPEAK ABOUT IT FOR HOURS BUT IN A NUTSHELL I BELIEVE THAT AIMING FOR MINIMALISM IS IMPORTANT TODAY AGAIN, EVEN THOUGH THE MOVEMENT IS NOW OVER, AS WE ARE CONSTANTLY BOMBARDED WITH IMAGES EVERYWHERE AND ALL THE TIME. THEREFORE I FEEL A NEED TO COME BACK TO THIS RADICAL LANGUAGE IN A MORE CONTEMPORARY MANNER MIXING IT WITH TECHNOLOGY AND IMMATERIAL PRINCIPLES.

IT’S ALL ABOUT BEING ABLE TO TRANSLATE NEW IDEAS WHILE REDUCING THEM TO THEIR ESSENTIAL, SHOWING OR SAYING ALMOST NOTHING BUT CONNECTING ON ANOTHER LEVEL. LAND ART IS TO ME THE NOBLEST, HARD-CORE AND SAVAGE MOVEMENT IN THE QUEST OF SPACE AND IT CELEBRATES TOTAL FREEDOM FROM THE MARKET, THE GALLERY AND MUSEUMS BY CONNECTING THE WORKS TO EXTREME ENVIRONMENTS.


- - YOU ARE CURRENTLY WORKING ON A VERY AMBITIOUS INSTALLATION PROJECT DUE TO TAKE PLACE IN THE ICONIC PALAIS ROYAL. CAN YOU TELL US MORE ABOUT “ULTRA-LIGHT”, ITS INCEPTION AND MEANING?

INITIALLY IT WAS MEANT FOR A RED DESERT WITH A MARTIAN QUALITY.
WHEN I DECIDED TO INSTALL IT IN PARIS I WAS LOOKING FOR A DESERT WITHIN THE CITY.

WHILE I WAS LOOKING FOR SAND, VOLUMES, AND GEOMETRY, FLYING ABOVE PARIS WITH A SATELLITE SOFTWARE I SAW THE JARDINS DU PALAIS ROYAL FROM THE VIRTUAL SKY AND DECIDED THAT IT SHOULD BE THERE.

I DREW THE SCULPTURES TO SEE HOW THEY WOULD INTEGRATE IN THE SPACE AND LIFE COURSE TOOK CARE OF THE REST. THIS PROJECT IS ONE OF THE MOST EXTREME ADVENTURES I HAVE EVER LIVED. IT’S BEEN A THREE YEAR PROCESS OF SLEEPLESS NIGHTS, SATISFACTIONS AND DECEPTIONS AND REQUIRES SO MUCH ENERGY AND FOCUS THAT IT GOES BEYOND RATIONALITY… THE WORK ITSELF IS A NETWORK OF BEACON LIGHTS TAKING THE SHAPE OF TWO AIRPORT RUNWAYS INSERTED DIRECTLY WITHIN THE GROUNDS OF THE GARDEN.

I HAVE COLLABORATED WITH HIGHLY SPECIALIZED AIRPORT ENGINEERS, ARCHITECTS, AND CIVIL ENGINEERS AND WORKED HAND IN HAND WITH THE FRENCH INSTITUTIONS IN ORDER TO OBTAIN THE MOST IMPOSSIBLE AUTHORIZATIONS FOR ITS IMPLANTATION IN THIS VERY PROTECTED AND HISTORICAL SPACE.


- - FINALLY, WHAT IS YOUR AIM AS AN ARTIST AND HOW ARE YOU PLANNING TO REACH IT?

ART IS CREATING A CONNECTION WITH HIGHER DIMENSIONS AND PROJECTS ARE MY WAY TO RELATE TO THE WORLD.
I AM INTERESTED IN CREATING A UNIQUE DIALOGUE BETWEEN MULTIPLE DISCIPLINES, WORLDS AND HUMAN BEINGS. IT IS A PRETEXT TO LIVE A MORE INTENSE LIFE AND A WAY OF GIVING; IT IS AN EXPERIENCE OF PURE FREEDOM AND A LOVE QUEST. I WANT TO PUSH THE LIMITS TO GO BEYOND EVERYTHING THAT IS LABELED AS IMPOSSIBLE AND BRING PEOPLE’S ATTENTION TO THE TRANSCENDING IDEAS THAT EXIST BEFORE THE WORK IS MADE.

I FEEL CLOSE TO THE LUCY LIPPARD CONCEPT OF ULTRA CONCEPTUAL ART WHERE THE THINKING PROCESS WAS THE MOST IMPORTANT ASPECT AND THE WORK BECAME ALMOST OBSOLETE.

I WANT TO PUSH THIS IDEA TOWARDS MONUMENTAL WORKS IN ORDER TO MAKE THEIR FINAL MATERIALITY LOOK EVEN MORE IRRELEVANT.


http://www.leparadox.com/art/stephan-breuer-studio-visit/



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CONVERSTIONS WITH MY FRIEND JOHN IBRAHIM 

« My time in America when I was 19 years old, was an experience of solitude and monumentality.
Training as an actor enabled me to trust my imaginative stimuli, it taught me to work without any support or materials.
Acting is an immaterial process, it is based on finding ultimate power in the truth of emotions and then to share this pure energy. »

On his return to Paris, Breuer restricted his ideas to exist within the hyper contrasting city that required more rigor and intimacy, directing his thoughts closer towards art theory and modes of more physical interpretations of works.


« Rarely do you see anything ultra-contemporary in Paris, and while being subsumed by its sublimity and by its timelessness I guess my perception of modernity comes with a certain sense of frustration.» 
In 2013, Breuer was invited to present three main works from his series, Futur Absolu , in Le Château de Compiègne, one of the three most important royal castles in France with Versailles and Fontainebleau, which included a series of monumental light installations and sculptures.


« It was the encounter with this absolute architecture that revealed a strong need to think of a project for the first time within this context.
I named it Futur Absolu as I immediately envisioned with this adventure a new way to create social and artistic interactions ultimately through altruism.
I believe in such a way to function in the future very strongly. I believe in the immaterial. »


In 2014 Breuer moved into cinema where he co - founded One Minute In Art (OMIA) as a medium to challenge cinema conventionality, The initiative, introducing a one minute contemporary film piece after advertisements and before the feature screening through a network of independent cinemas in Paris.


« I play with the idea of space and try to challenge the codes of exhibition to create a disruption in order to wake people up from the manufactured lethargy »
In 2017, Breuer was commissioned to produce a digital donors wall for Franco-American Museum of Château de Blérancourt to add to the museums permanent collection.


« SUN is quite important to me as it is my first material and permanent work in a museum, but more importantly it reflects on one of my main subjects of research which is altruism and the dynamics of giving and receiving. The essence of this work is to honor the French and American donors who supported the renovation of this Museum that retraces the origin of the relationships and artistic exchanges between France and America.»
Breuer is currently working on his new project, Ultra Light which will be featured in the Jardin du Palais Royal, covering the entire garden with real airport lights. The future project will be Breuer largest work to date.


« My work process is always based on an initial perception holding an intrinsic quality that I can't fully describe.
Then begins the formation of a human network through an inextinguishable transfer of pure energy/information until completion.
This already in itself is such a powerful experience of the immaterial that it doesn't require any other valuable issues.
Prior to the physical existence of the work, I aim at making people reach an experience of the sublime on a conceptual level, that challenges all notions of impossibility, opening the views on a new reality. »

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FEMMES TROUBLES - NUKE MAGAZINE

Instantanément ce titre me fait penser à Septentrion de Louis Calaferte. Femme Trouble s’inscrit dans mon inconscient et résonne en ces mots : “ Nous confondons l’amour avec l’idolâtrie. Ainsi quand la fureur du sentiment atteint son apogée, l’amour-Idolâtre devient un gouffre comme ce sexe qui ressemble à un trou, à une tombe. Ou on ensevelit l’aube de l’espèce humaine. On dirait qu’il faut profaner Dieu.”

Dans Trouble il y a gouffre, mais avant d’y tomber on passe par ce que les physiciens nomment l’ergosphère, cette région située au voisinage d'un trou noir en rotation.

C’est la première perception sensorielle que j’ai de ce titre mystérieux.

Femme Trouble, est ce un oxymore ou un pléonasme ? Peut on enfermer les femmes, si complexes, et les réduire à l’un de ces termes? Qui sont elles au fond?
Plus j’y pense et plus son sens prend de la justification.

Louis Calaferte, encore lui, parle de cette notion d’enferment :
“ L’amour c’est un être de passage qu’il faut retenir après l’avoir inopinément capté. De cela nait l’idée de la possession. L’autre nous possède tant que nous le désirons. C’est ce qu’on appelle l’amour, c’est en fait l’obsession de ce désir. Enfin ce qui prédomine dans la relation amoureuse qui s’établit c’est la peur de la perte. L’amour physique c’est l’étreinte matérialisée de l’amour , suivi de la mort. C’est l’aggravation de la perte”.

C’est très violent et sombre ce qu’il a dit en quelques mots…et pourtant j’aime cette notion vaporeuse dans le trouble , il y a une forme d’impossible et rien n’est plus attirant que l’impossible. Il vous attire comme un trou noir !

La femme pour moi c’est l’amour. Je ne fais pas de différence entre les deux. Chacune de ces femmes dont nous croisons le regard est un amour potentiel d’une seconde, d’une nuit, d’une vie, le temps n’a pas d’importance. La durée de ce trouble infime ou éternel n’enrichit en rien sa qualité psychotropique intrinsèque.

Les Femmes aussi troubles soient elles sont des particules libres que l’on ne pourra jamais posséder, elles restent près de vous et vous inocule leurs doses mortelles nécessaire à la vie et lorsqu’un jour elles se décident enfin à partir et qu’elles vous laissent là , sans se retourner , dans un état second , entre la vie et la mort dans le paroxysme de ce trouble n’est- ce pas à ce moment là finalement, englouti dans cette dualité primaire du bien et du mal mais pour la première fois dans l’harmonie parfaite de ces deux énergies contradictoires au même niveau d’intensité sans que l’une puisse prendre le dessus sur l’autre , que l’on voit parfaitement clair !

La femme trouble vous aura trainé vers le sublime avant de disparaitre à jamais.


Stephan Breuer

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DEFINI / FINI / INFINI - Texte pour l'exposition de DANIEL BUREN au Mamo

L’acte créateur nait toujours d’une confrontation intense à la puissance au sens Aristotélicien de la matière qui recèle à l’origine un potentiel infini.

C’est en opérant la trinité qui est exprimée par le Défini / Fini / Infini que l’oeuvre parvient à se former par la puissance phénoménale de l’artiste.

DEFINI
Comment l’artiste peut-il réussir à définir l’infini…?

Cela parait tout simplement impossible et pourtant c’est là que réside la magie visionnaire de celui qui parvient à voir, non pas avec ses yeux, mais par un regard intérieur qui concentre tous les potentiels possibles pour en faire jaillir la vie!

“L'artiste c'est celui qui libère une vie puissante une vie plus que personnelle.” Gilles Deleuze

Est-ce par la pure puissance de l’imagination?

“L’imagination n'est pas, comme le suggère l'étymologie, la faculté de former des images de la réalité; elle est la faculté de former des images qui dépassent la réalité, qui chantent la réalité. Elle est une faculté de surhumanité?” Gaston Bachelard

L’artiste serait-il un surhomme, qui par la vitesse jaillissante de son imagination parvient à élever le poids gravitationnel de la réalité et la transformer à jamais?

Ou bien doit-il appauvrir son esprit ?

“[…] je trouve que ma plus grande difficulté, l'aspect le plus douloureux et le plus difficile de mon travail, est de vider mon esprit, de le débarrasser de tout ce fardeau de significations que j'ai absorbées, dues à la culture ambiante, de toutes ces choses qui semblent avoir un rapport avec l'art quand, justement, c'est tout le contraire.” Carl André

Cette première étape du Défini, et selon la méthode utilisée, réside finalement dans la seule capacité de l’artiste à avoir un point de vue radical sur le monde, qu’il soit esthétique et/ou conceptuel.

“En apparence tout est désordre, mais le point de vue c’est ce qui va extraire une forme de ce désordre, à partir d’une non forme”. Gilles Deleuze

FINI
“Tout art et toute investigation, et pareillement toute action et tout choix, tendent vers quelque fin” Aristote.

Fini ne correspond pas au stade final de l’oeuvre mais plutôt au principe de finalité que l’on retrouve d’ailleurs chez Kant. L’action mentale de finir une oeuvre prend place dés le début du processus artistique, dès le Défini. D’ailleurs le mot Défini contient- il en lui même le Fini.
Le point de vue de Kant à ce sujet est extrêmement clair, étant donné que selon lui le principe de finalité n’est pas constitutif mais régulateur. La fin est bien l’idée régulatrice qui sous tend tout le développement de l’oeuvre.

L’artiste, pour Marcel Duchamp, est un médium qui perçoit le Fini dans le futur, naviguant dans le labyrinthe de l’espace et du temps.

“Dans l'acte de création, l'artiste va de l'intention à la réalisation à travers une chaîne de réactions totalement subjectives. Sa lutte vers la réalisation est une série d'efforts, de douleurs, de satisfactions, de refus, de décisions, qui ne sont ni ne doivent être pleinement conscientes, au moins sur le plan esthétique. (…)
Par conséquent, dans la chaîne des réactions qui accompagnent l'acte de création, un lien est manquant. Cet écart, qui représente l'incapacité de l'artiste à exprimer pleinement son intention, cette différence entre ce qu'il vise à réaliser et ce qu’il réalise, est le «coefficient d'art» personnel contenu dans l’ouvrage.” Marcel Duchamp

Le Fini c’est tenter d’atteindre l’absolu. Le Fini c’est l’éternité.

INFINI
L’Infini, pour conclure, c’est le sublime.

Il est ce qui révèle la part d’infini de l’homme grâce à la puissance de l’oeuvre d’art elle-même.
L’infini c’est ce qui nous dépasse ce qui nous rend soudain petit et nous fait prendre conscience paradoxalement de notre propre finalité. Dans le sublime il y a quelque chose qui dépasse la représentation, la mise en forme: l’illimité.

L’oeuvre nous renvoie au plus profond de nous, elle nous re-connecte à notre part d’infini, son extériorité et sa matérialité disparaissent pour vivre au sein de l’espace immatériel de notre esprit, le nourrir, le grandir, l’exploser, l’imploser, le réduire à néant, car par la seule force de son point de vue, elle détruit toutes les certitudes que nous avions pour redéfinir une nouvelle architecture mentale, étendue et qui ne pourra plus jamais revenir à ses dimensions précédentes.

Stephan Breuer


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DISCOURS D'INAUGURATION EXPOSITION FUTUR ABSOLU - EMMANUEL STARCKY DIRECTEUR DU PALAIS IMPERIAL DE COMPIEGNE

Mesdames, Messieurs,

Dans la Genèse, la création du Monde se trouve associée à la lumière et "Dieu sépara la lumière de la ténèbres" ! L'on sait que sans lumière il n'y aurait point de vie. Depuis, l'homme a analysé, recrée la lumière sans que pour autant sa part de mystère ne continue à nous hanter.

Et c'est bien ce qui fascine Stephan Breuer qui nous offre aujourd'hui : Futur Absolu, une installation unique créée spécialement pour le palais de Compiègne.

Pendant sa formation théâtrale en Californie, Stephan Breuer découvre le minimalisme américain et des artistes comme Dan Flavin et James Turrell, dont le travail se trouve étroitement lié à la lumière et à ses rapports avec l’espace.

Les nouvelles technologies, les recherches scientifiques, depuis une trentaine d’années, intéressent les plasticiens. La lumière, grâce à leurs interventions, via des programmes informatiques, se transforme, faisant naître volumes et mouvements.

Lors d'une visite au palais en avril 2012, Stephan Breuer est séduit par la rigueur de l'architecture, sa "noble simplicité", sa grandeur et la clarté des volumes intérieurs. Quoi de plus naturel que d'associer cette architecture du siècle des lumière à une création lumineuse contemporaine ? Ainsi Stephan Breuer vous propose-t-il de "revisiter" la salle des Gardes.

Sa création bouleverse la vision que nous avons de cette magnifique pièce. Ses rayons de lumière construisent un prisme lumineux éphémère qui s'impose avec force à la pénombre. Sa géométrie évolutive, transparente, se trouve comme habitée par une brume que l'imaginaire associe souvent au rêve et à la poésie. Comme irisée aussi par l'irruption lente de l'or d'une lumière plus vraie que la blanche, incarnation de la pureté. Nous avons là une magnifique démonstration qu'une technologie asservie par l'homme à sa vision, peut devenir oeuvre d'art.

Ainsi ce lieu prestigieux, mis dans la pénombre, se trouve "animée" par une construction immatérielle qui constitue comme une invitation à méditer. Si la lumière du firmament sépare, structure l'espace et le temps, dans lequel nous évoluons, cette oeuvre peut passer comme l'allusion à la pureté originelle d'un monde que l'homme peut aujourd'hui détruire ou au contraire sublimer.

En Stephan Breuer nous saluons l'artiste et le visionnaire qui a voulu réaliser cette oeuvre pour Compiègne et qui a tout mis en oeuvre pour cela. Nous l'en remercions très vivement tout comme sa compagne Magali Alcaide qui a été depuis le début à ses côtés. Brigitte Hedel- Samson, conservateur en chef, a milité en faveur du projet avec la foi qui déplace les montagnes, elle s'est investie sans compter pour qu'il se réalise, et nous tenons aussi à lui dire toute notre reconnaissance tout comme à toute l'équipe du Palais.

Cette œuvre fait naître une émotion qu’il faut appréhender avec lenteur, en y pénétrant ou en la contournant. Je vous invite donc à monter 10 par 10 , vous pourrez ensuite faire un tour des Grands appartements et ensuite nous nous retrouverons pour un cocktail dans l'antichambre double.


Emmanuel Starcky / Directeur du Chateau de Compiègne 

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FLYING CONCEPTS: GENERATEUR DE VALEURS

En 1943, le mathématicien du MIT (Massachussets Institute of Technologies –Cambridge – USA) Norbert Wiener, conçoit une nouvelle science militaire : la Cybernétique. Science du « contrôle à distance », elle annonce le développement d’une nouvelle ère, celle de la Communication. Afin d’échapper aux dangers des utopies fascistes, se met en place une nouvelle société, qui celle-ci n’exclura plus personne, en concevant un nouvel individu : l’ « Homo-Communicans ».

Dans l’ère de la Communication, plus de race, plus de discrimination, puisque chacun est réduit à sa faculté à communiquer à distance. L’homme n’est plus un acteur, qui prend sa vie en main et s’approprie le Système, mais un « réacteur ». On réagit aux signaux ou messages reçus, sans la nécessité de savoir qui est face à nous. Une belle utopie, mais très dangereuse, car celle-ci entraîne une perte totale des valeurs. Dans la Cybernétique, la seule valeur qui prime, c’est celle du message. Plus d’idéal humaniste, plus de sens véritable, juste des messages …

Flying Concepts, de son fondateur Stephan Breuer, a été conçu pour pallier ce manque, et redonner du sens à la vie, en re-considérant le potentiel d’action de l’homme. Réseau de recherche et innovation, Flying Concepts part en effet du parti pris que chacun a la faculté d’interagir avec son environnement, à partir du moment où il est guidé. Et Flying Concepts s’affirme comme un guide d’exception, en catalysant les énergies de ses acteurs, en les menant vers le haut
(« flying concepts » = « concepts volants »).

L’idée, c’est que chacun a des compétences et des talents, qu’il se doit de transformer en énergie « collective », en les mettant en relation avec ses partenaires, en construisant une synergie commune.

Proche de concepts tels que ceux de « Sculpture Sociale » de Joseph Beuys, d’ « Intelligence Collective » de Pierre Lévy, de « Rhizome » de Gilles Deleuze et Félix Guattari, d’ « Esthétique de la Communication » de Fred Forest et Mario Costa, d’ « Esthétique Relationnelle » de Nicolas Bourriaud, Flying Concepts n’en est pas moins radicalement différent, et de fait sans équivalent.

Car ce que prône Flying Concepts, c’est un futur différent. Sans voitures volantes ou robots remplaçant l’homme, mais un retour aux sources … aux énergies élémentaires. Avec Flying Concepts, la technologie est mise en avant, mais non comme une finalité … la technologie est une interface vers le réel, elle est là pour aider l’homme à être un meilleur acteur de son système sociétal, mais aucunement pour le remplacer !

Ce qui fascine Flying Concepts, ce n’est pas la technologie, ce n’est pas le moyen, mais l’HOMME, ses compétences, ses talents. L’ADN (Acide Désoxyribonucléique), pour reprendre le propos de son logotype. Et Flying Concepts réorganise la chaîne des acteurs, en les mettant en relation autour de projets de recherche et innovation tels que sa tour sensorielle Eternity Tower (« Tour de l’Eternité »).

Projet architectural et immobilier sans équivalent, celui-ci met en relation architectes, ingénieurs, artistes, entrepreneurs, designers, chercheurs, autour d’une réflexion collective: l’habitat de demain. Un habitat qui retrouve du Sens (signification) en redonnant place aux sens (la sensorialité). Un projet d’architecture, car c’est sans aucun doute le meilleur vecteur de communication. Nous sommes proches ici du concept de « Construction de Sens ».

Eternity Tower, tour du futur, mais avant tout symbole et emblème. Car dans notre société, s’il y a un vecteur de communication autre que l’architecture, c’est bien la marque, nouveau langage internationale avec ses signes de reconnaissance et son esthétique propre. Société de communication en perte de valeurs, qui ne trouve plus sens que dans un symbole commercial… Flying Concepts est là pour redonner de la valeur du sens et de l'éthique.

Si le futur reste possible, ce n’est en effet pas en continuant notre surconsommation, notre abus des énergies, mais en retrouvant le chemin de la Conscience. En redonnant du sens à notre vie. En retrouvant une bonne ligne de conduite. Et c’est sans doute ce vers quoi tend Flying Concepts : une société libre mais responsable.

Vers un monde meilleur … Flying Concepts : un générateur de valeurs d’exception !

Ferdinand Corte